blog de patrick jallageas
samedi 17 mars 2012
Beaucoup de questions au Capc de Bordeaux. *
Exposition : Etrange et proche du 06/10/2011 au 12/02/2012
- Faut-il adopter les règles de la culture dominante et abandonner ses particularismes pour faire entendre sa voix à l'échelle internationale ? (A propos de Mladen Stilinovic)
- Comment pouvons-nous féminiser une ville mondiale comme Istanbul ? Comment l'avenir peut-il devenir différent du passé ? Sommes-nous obligés de compter sur la seule action des femmes pour faire bouger les systèmes patriarcaux mis en place par nos aïeux ? (A propos de Aydan Murtezaoglu)
- "la question du bon voisinage" (A propos de Homi Bhabha)
- "il ( harun Farocki) remet en question le fait d'archiver et de conserver"
- Un acte artistique peut-il remanier l'histoire et déclarer les perdants vainqueurs ? (A propos de Yael Bartana)
- "Elle ( Michal Heiman) demande alors ce que vous évoquent ces associations à la ressemblance parfois troublante"
- Chto Delat ? Que Faire ? Pourquoi ne pas revisiter le temps de la perestroïka et de la construction de l'ex bloc soviétique ?
- Comment revenir à une relation d'intimité avec l'oeuvre ? (A propos deThomas Schütte)
- "Quelle est la part d'authenticité et celle du jeu dans nos activités sociales" (A propos de Artur Zmijewski)
- "Comment envisage t'on le monde quand le système familier dans lequel vous avez vécu s'effondre pour laisser place à une culture nouvelle surabondante et proliférante ? Wilhelm Sasnal, Polonais s'interroge."
- lettre envoyée à ... "Et toi, Anouar pratiques-tu toujours le sport, tôt le matin?" Malek Mohhammad Abu Saleh
- "M'entendez-vous ? En êtes vous sûrs ? Joseph Grigely
Exposition : Sociétés secrètes du 09/11/2011 au 26/02/2011
"L'exposition -Société secrètes. Savoir, oser, vouloir, garder le silence - aborde la question des sociétés secrètes à travers le prisme de l'art contemporain..."
"Elle (l'exposition) aborde la question de la visibilité accrue des sociétés secrètes et du secret à l'heure de la transparence médiatisée."
Exposition : L'oeuvre et ses archives du 09/02/2012 au 09/12/2012
- "Prenant acte qu'un artiste peut faire évoluer son œuvre dans le temps jusqu'à en modifier la forme et les modalités de présentation, que se passe-t-il si cette œuvre fait partie d'une collection muséale ? Comment le musée relate-t-'il les différentes opérations intellectuelles et spéculatives qui ont conduit l'œuvre d'art jusqu'à son aspect actuel ? Comment présente-t-il ou rend-il compte des différentes "étapes" de l'œuvre- son substrat esthétique ?"
- "Plusieurs questions en découlent : Quelle est l'autonomie d'une telle œuvre ? Quel type d'expérience esthétique permet-elle ? Comment le musée se positionne-t-il dans le processus de médiation entre œuvre et le public (son "regardeur" selon Marcel Duchamp) ? Quel rôle a le conservateur face à une œuvre en état de transition ?
- "Que signifie cet acte de (re)peindre ? Ces tableaux en état de transition permanente ont-ils une histoire spécifique? Comment la peinture peut-elle prendre en charge sa propre histoire ? Quelle serait alors la forme de son archive ou quelle archive est-elle susceptible de produire ?" (A propos de Claude Rutault)
- "Comment continuer à rendre compte des différents processus et propositions d'installation effectuées par l'artiste et de son évolution constante sans figer l'œuvre ? (A propos de Mario Merz)
- CHE FARE ? Mario Merz
En ce mois de février glacial, le public trouvera plus immédiatement le grand frisson à l'extérieur du musée.
* Les questions ci-dessus ont été relevées dans les plaquettes de présentation des expositions.
Exposition : Etrange et proche du 06/10/2011 au 12/02/2012
- Faut-il adopter les règles de la culture dominante et abandonner ses particularismes pour faire entendre sa voix à l'échelle internationale ? (A propos de Mladen Stilinovic)
- Comment pouvons-nous féminiser une ville mondiale comme Istanbul ? Comment l'avenir peut-il devenir différent du passé ? Sommes-nous obligés de compter sur la seule action des femmes pour faire bouger les systèmes patriarcaux mis en place par nos aïeux ? (A propos de Aydan Murtezaoglu)
- "la question du bon voisinage" (A propos de Homi Bhabha)
- "il ( harun Farocki) remet en question le fait d'archiver et de conserver"
- Un acte artistique peut-il remanier l'histoire et déclarer les perdants vainqueurs ? (A propos de Yael Bartana)
- "Elle ( Michal Heiman) demande alors ce que vous évoquent ces associations à la ressemblance parfois troublante"
- Chto Delat ? Que Faire ? Pourquoi ne pas revisiter le temps de la perestroïka et de la construction de l'ex bloc soviétique ?
- Comment revenir à une relation d'intimité avec l'oeuvre ? (A propos deThomas Schütte)
- "Quelle est la part d'authenticité et celle du jeu dans nos activités sociales" (A propos de Artur Zmijewski)
- "Comment envisage t'on le monde quand le système familier dans lequel vous avez vécu s'effondre pour laisser place à une culture nouvelle surabondante et proliférante ? Wilhelm Sasnal, Polonais s'interroge."
- lettre envoyée à ... "Et toi, Anouar pratiques-tu toujours le sport, tôt le matin?" Malek Mohhammad Abu Saleh
- "M'entendez-vous ? En êtes vous sûrs ? Joseph Grigely
Exposition : Sociétés secrètes du 09/11/2011 au 26/02/2011
"L'exposition -Société secrètes. Savoir, oser, vouloir, garder le silence - aborde la question des sociétés secrètes à travers le prisme de l'art contemporain..."
"Elle (l'exposition) aborde la question de la visibilité accrue des sociétés secrètes et du secret à l'heure de la transparence médiatisée."
Exposition : L'oeuvre et ses archives du 09/02/2012 au 09/12/2012
- "Prenant acte qu'un artiste peut faire évoluer son œuvre dans le temps jusqu'à en modifier la forme et les modalités de présentation, que se passe-t-il si cette œuvre fait partie d'une collection muséale ? Comment le musée relate-t-'il les différentes opérations intellectuelles et spéculatives qui ont conduit l'œuvre d'art jusqu'à son aspect actuel ? Comment présente-t-il ou rend-il compte des différentes "étapes" de l'œuvre- son substrat esthétique ?"
- "Plusieurs questions en découlent : Quelle est l'autonomie d'une telle œuvre ? Quel type d'expérience esthétique permet-elle ? Comment le musée se positionne-t-il dans le processus de médiation entre œuvre et le public (son "regardeur" selon Marcel Duchamp) ? Quel rôle a le conservateur face à une œuvre en état de transition ?
- "Que signifie cet acte de (re)peindre ? Ces tableaux en état de transition permanente ont-ils une histoire spécifique? Comment la peinture peut-elle prendre en charge sa propre histoire ? Quelle serait alors la forme de son archive ou quelle archive est-elle susceptible de produire ?" (A propos de Claude Rutault)
- "Comment continuer à rendre compte des différents processus et propositions d'installation effectuées par l'artiste et de son évolution constante sans figer l'œuvre ? (A propos de Mario Merz)
- CHE FARE ? Mario Merz
En ce mois de février glacial, le public trouvera plus immédiatement le grand frisson à l'extérieur du musée.
* Les questions ci-dessus ont été relevées dans les plaquettes de présentation des expositions.
vendredi 10 février 2012
Art contemporain en questions.
(voir le message précédent)
Ce sont moins les artistes qui posent les questions que les personnes qui s'approprient l'art pour alimenter un discours où les œuvres (pardon les pièces) deviennent illustrations de thématiques destinées à l'intelligence. Ces thématiques nous envoient vers un artiste chercheur en sociologie, sémiologie, anthropologie, archéologie etc... Parmi les objets de toutes ses recherches figure en bonne place l'art lui-même.
On peut ici relever un premier paradoxe non réglé par les théoriciens de l'art contemporain : en effet ce dernier ne devait- il pas à contredire l'autonomie déclarée de l'art moderne ? l'art pour l'art. En se questionnant en permanence, l'art contemporain semble lui aussi très (trop) préoccupé par lui-même.
Second paradoxe : l'autre revendication de l'art contemporain est de se rapprocher de la vie, très bien. Mais alors comment expliquer qu'il se soit autant mis à l'écart du public ? Évidemment, pour combler le fossé un artifice a été trouvé : la médiation.
Ces réflexions ne doivent pas donner à penser au lecteur qu'elles émanent d'un adversaire de l'art contemporain, chacun sait que : "qui aime bien châtie bien!"
(voir le message précédent)
Ce sont moins les artistes qui posent les questions que les personnes qui s'approprient l'art pour alimenter un discours où les œuvres (pardon les pièces) deviennent illustrations de thématiques destinées à l'intelligence. Ces thématiques nous envoient vers un artiste chercheur en sociologie, sémiologie, anthropologie, archéologie etc... Parmi les objets de toutes ses recherches figure en bonne place l'art lui-même.
On peut ici relever un premier paradoxe non réglé par les théoriciens de l'art contemporain : en effet ce dernier ne devait- il pas à contredire l'autonomie déclarée de l'art moderne ? l'art pour l'art. En se questionnant en permanence, l'art contemporain semble lui aussi très (trop) préoccupé par lui-même.
Second paradoxe : l'autre revendication de l'art contemporain est de se rapprocher de la vie, très bien. Mais alors comment expliquer qu'il se soit autant mis à l'écart du public ? Évidemment, pour combler le fossé un artifice a été trouvé : la médiation.
Ces réflexions ne doivent pas donner à penser au lecteur qu'elles émanent d'un adversaire de l'art contemporain, chacun sait que : "qui aime bien châtie bien!"
jeudi 26 mai 2011
WATASHITACHI - NOUS
Cliquez pour prendre connaissance des informations concernant cette manifestation de soutien aux sinistrés du nord du Japon.
Cliquez pour prendre connaissance des informations concernant cette manifestation de soutien aux sinistrés du nord du Japon.
samedi 26 mars 2011
jeudi 6 janvier 2011
Citation
"Pour obtenir ici la poésie, c'est à dire communiquer au lecteur une émotion que j'ignorais alors - que j'ignore encore - mes mots en appellent à la somptuosité charnelle, à l'apparat des cérémonies d'ici bas, hélas non à l'ordonnance, qu'on voudrait rationnelle, de la nôtre, mais à la beauté des époques mortes et moribondes. J'ai cru, en l'exprimant, la débarrasser de ce pouvoir qu'exercent les objets, les organes, les matières, les métaux, les humeurs, auxquels longtemps un culte fut rendu (diamants, pourpre, sang, sperme, fleurs, oriflammes, yeux, ongles, or, couronnes, colliers, armes, larmes, automne, vent, chimères, marins, pluie, crêpe), et me défaire du monde qu'ils signifient (non de celui qu'ils nomment mais de celui qu'ils évoquent et dans quoi je m'embourbe), ma tentative reste veine. C'est toujours à eux que j'ai recours. Ils prolifèrent et me happent. Par leur faute je traverse les couches généalogiques, la Renaissance, le Moyen Age, les époques carolingienne, mérovingienne, byzantine, romaine, les épopées, les invasions, afin de parvenir à la Fable où toute création est possible."
Journal du voleur de Jean Genet
"Pour obtenir ici la poésie, c'est à dire communiquer au lecteur une émotion que j'ignorais alors - que j'ignore encore - mes mots en appellent à la somptuosité charnelle, à l'apparat des cérémonies d'ici bas, hélas non à l'ordonnance, qu'on voudrait rationnelle, de la nôtre, mais à la beauté des époques mortes et moribondes. J'ai cru, en l'exprimant, la débarrasser de ce pouvoir qu'exercent les objets, les organes, les matières, les métaux, les humeurs, auxquels longtemps un culte fut rendu (diamants, pourpre, sang, sperme, fleurs, oriflammes, yeux, ongles, or, couronnes, colliers, armes, larmes, automne, vent, chimères, marins, pluie, crêpe), et me défaire du monde qu'ils signifient (non de celui qu'ils nomment mais de celui qu'ils évoquent et dans quoi je m'embourbe), ma tentative reste veine. C'est toujours à eux que j'ai recours. Ils prolifèrent et me happent. Par leur faute je traverse les couches généalogiques, la Renaissance, le Moyen Age, les époques carolingienne, mérovingienne, byzantine, romaine, les épopées, les invasions, afin de parvenir à la Fable où toute création est possible."
Journal du voleur de Jean Genet
dimanche 2 janvier 2011
samedi 4 décembre 2010
Playtime de J.Tati ou l'expérience d'un flux.
Dans ce film, Mr Hulot arrive d'un autre monde, il fait l'expérience de l'emballement d'un système, d'une machine infernale qui est dépassée par les paradoxes qu'elle génère, les moyens de communication qui empêchent de communiquer (les voitures ou l'organisation du voyage qui presse les participants comme Barbara), ou encore les sièges qui ressemblent à des sièges éjectables... Circulez ! entend-on. Le flux emporte tout : Mr Hulot (qui glisse dans le hall), Barbara, les sentiments, les monuments (qui ne sont plus que des reflets) jusqu'aux poussières qui sont sommées de circuler. Pourtant des formes de résistance se manifestent (le système D des ouvriers qui pompent l'alcool dans le drugstore ou le joli avec la fleuriste); celles-ci ne nient pas l'existence du flux elles montrent seulement que c'est chaque système qui crée sa propre accélération comme le fait chaque récréation.
Dans ce film, Mr Hulot arrive d'un autre monde, il fait l'expérience de l'emballement d'un système, d'une machine infernale qui est dépassée par les paradoxes qu'elle génère, les moyens de communication qui empêchent de communiquer (les voitures ou l'organisation du voyage qui presse les participants comme Barbara), ou encore les sièges qui ressemblent à des sièges éjectables... Circulez ! entend-on. Le flux emporte tout : Mr Hulot (qui glisse dans le hall), Barbara, les sentiments, les monuments (qui ne sont plus que des reflets) jusqu'aux poussières qui sont sommées de circuler. Pourtant des formes de résistance se manifestent (le système D des ouvriers qui pompent l'alcool dans le drugstore ou le joli avec la fleuriste); celles-ci ne nient pas l'existence du flux elles montrent seulement que c'est chaque système qui crée sa propre accélération comme le fait chaque récréation.
vendredi 5 novembre 2010
L'intuition d'un égarement :
A écouter leurs discours, on peut entendre nos dirigeants faire un curieux amalgame entre libéralisme et néo-libéralisme. Cela pourrait n'être que simple anecdote si la confusion entre ces deux modèles ne cachait des paradoxes plus inquiétants.
Le traité de Lisbonne, par exemple, s'appuie sur le modèle néo-libéral, à savoir : installer la concurrence (loyale et non faussée) comme socle de développement. Mais la concurrence existe déjà entre l'union européenne et les autres puissances économiques du monde, le traité de Lisbonne ne fait qu'ajouter de la concurrence à la concurrence.
Le projet originel reposait sur la construction d'une Union Européenne, ce qui appelle explicitement la mise en commun.
Reprendre cette belle idée ne pose même pas le choix entre libéral et néo-libéral, la trajectoire doit aller vers un modèle à inventer. C'est certainement très complexe et pour ce faire le débat doit se hisser au niveau de cette complexité, ce qui est loin d'être le cas.
Les manifestants qui sont dans la rue, depuis des semaines, ont bien l'intuition de cette nécessité, dans l'intérêt général. Leur action demande tout simplement à leurs élites d'être à la hauteur, d'être géniales.
Le traité de Lisbonne, par exemple, s'appuie sur le modèle néo-libéral, à savoir : installer la concurrence (loyale et non faussée) comme socle de développement. Mais la concurrence existe déjà entre l'union européenne et les autres puissances économiques du monde, le traité de Lisbonne ne fait qu'ajouter de la concurrence à la concurrence.
Le projet originel reposait sur la construction d'une Union Européenne, ce qui appelle explicitement la mise en commun.
Reprendre cette belle idée ne pose même pas le choix entre libéral et néo-libéral, la trajectoire doit aller vers un modèle à inventer. C'est certainement très complexe et pour ce faire le débat doit se hisser au niveau de cette complexité, ce qui est loin d'être le cas.
Les manifestants qui sont dans la rue, depuis des semaines, ont bien l'intuition de cette nécessité, dans l'intérêt général. Leur action demande tout simplement à leurs élites d'être à la hauteur, d'être géniales.
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